“Enfin ! Il m’est donc permis de me délasser dans un bain de ténèbres !“
Le Spleen de Paris, Charles Baudelaire (1864)
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Film du suédois Lars Von Trier (2011), Melancholia dépeint la plongée dans un mutisme mélancolique de Justine, jeune femme qui jette aux oubliettes mariage et boulot, alors que guette autour de la planète une énigmatique étoile rouge.
Entre onirisme et surréalisme, l’histoire se dédouble en deux volets. L’un consacré à Justine (Kristen Dunst) et à son mariage funeste. L’autre à Claire (Charlotte Gainsbourg), sa soeur à la personnalité raisonnée et nettement moins lunaire, mais qui se déboussolera tout autant face à l’imminence de l’Apocalypse.
Le tempo lent n’embarque pas naturellement dans l’univers introverti et diffus que construit Lars Von Trier. Les divagations “caméra à l’épaule” et les dialogues décousus (pour ne pas dire ses longueurs) sont certes des partis pris pour exprimer l’état dépressif de l’héroïne. Mais il faut vraiment faire l’effort de se mettre en disposition pour “rentrer” dans le film. Heureusement, l’intrigue pesante et les effusions esthétiques sont là pour séduire. Et la toile se laisse plus volontiers apprécier une fois finie, quand l’heure vient au décorticage de ses significations et symboles.
A lire, avant et/ou après visionnage : une analyse intéressante du “sens caché de Melancholia” sur le blog Equinox, mais aussi les critiques du Monde et des Inrocks.
Et s’il n’y avait qu’un seul passage à (re)garder, ce serait bien celui de la (longuette) introduction, série de “tableaux” sur le prélude de Tristan et Iseult de Wagner :
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