Magouille

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Melancholia

Dans Magouille le 25 janvier 2012 à 00:44

Enfin ! Il m’est donc permis de me délasser dans un bain de ténèbres !

Le Spleen de Paris, Charles Baudelaire (1864)

***

Film du suédois Lars Von Trier (2011), Melancholia dépeint la plongée dans un mutisme mélancolique de Justine, jeune femme qui jette aux oubliettes mariage et boulot, alors que guette autour de la planète une énigmatique étoile rouge.

Entre onirisme et surréalisme, l’histoire se dédouble en deux volets. L’un consacré à Justine (Kristen Dunst) et à son mariage funeste. L’autre à Claire (Charlotte Gainsbourg), sa soeur à la personnalité raisonnée et nettement moins lunaire, mais qui se déboussolera tout autant face à l’imminence de l’Apocalypse.

Le tempo lent n’embarque pas naturellement dans l’univers introverti et diffus que construit Lars Von Trier. Les divagations “caméra à l’épaule” et les dialogues décousus (pour ne pas dire ses longueurs) sont certes des partis pris pour exprimer l’état dépressif de l’héroïne. Mais il faut vraiment faire l’effort de se mettre en disposition pour “rentrer” dans le film. Heureusement, l’intrigue pesante et les effusions esthétiques sont là pour séduire. Et la toile se laisse plus volontiers apprécier une fois finie, quand l’heure vient au décorticage de ses significations et symboles.

A lire, avant et/ou après visionnage : une analyse intéressante du “sens caché de Melancholia” sur le blog Equinox, mais aussi les critiques du Monde et des Inrocks.

Et s’il n’y avait qu’un seul passage à (re)garder, ce serait bien celui de la (longuette) introduction, série de “tableaux” sur le prélude de Tristan et Iseult de Wagner :

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Mise à terre

Dans Magouille le 22 mai 2011 à 17:29

C’est un air qui trébuche.

L’air tombe, s’abat. Elle l’attire à elle et l’enterre. Matière absorbante.

T(air). Elle respire et digère.

La terre. Noire. Et lourde.

Prison brute de nos legs ancestraux, mais terreau fertile de notre futur. A la fois si riche et si pesante.

On enfouit. On ne sait ce qui rejaillit. Elle confine notre croissance et consacre notre impuissance.

Elle porte les songes. Et les pourrit. Elle fait éclore, croître l’idéal bucolique. Et dans le même temps, se fait étau de l’enracinement, siège du piège.

On lui livre nos plus magnifiques boîtes à secrets, comme nos plus gênants jougs. Elle nous arrange et nous dérange. On la foule. On la fuit. Mais on ne peut la défier.

Ainsi pèse sa loi.

***

Le fin de la fin

Dans Magouille le 1 janvier 2011 à 17:45

La fin,

c’est l’endroit

d’où nous partons.

(Thomas Sterns Eliot)

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