
« Amis, ne creusez pas vos chères rêveries ;
Ne fouillez pas le sol de vos plaines fleuries ;
Et, quand s’offre à nos yeux un océan qui dort,
Nagez à la surface ou jouez sur le bord,
Car la pensée est sombre ! Une pente insensible
Va du monde réel à la sphère invisible ;
La spirale est profonde, et, quand on y descend,
Sans cesse se prolonge et va s’élargissant ;
Et, pour avoir touché quelque énigme fatale,
De ce voyage obscur souvent on revient pâle ! »
Victor Hugo, extrait de La Pente de la Rêverie (Les Feuilles d’Automne)
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