Il
nous
a fait
passer du
cru au
cuit.
Il fait parfois chauffer les lacs. A la Saint-Jean, des singes l’enjambent. Et quand un scorpion en sort, l’animal attaque celui qui l’a sauvé.
Il couve. Il éclate. “Il brille au paradis et brûle en enfer”, énonce Gaston B.
On le tisonne, mais on ne l’apprivoise pas. Il donnerait des volées au bois vert. Et il a tué la chandelle d’une comptine lunaire.
La fumée est sa “rêverie”, comme dirait joliment Jules Renard. En même temps, sans lui, il n’y aurait pas de fumée. Donc il rêve. CQFD. Et en le volant, Prométhée ne nous a pas seulement apporté la connaissance. Il nous a aussi apporté le rêve. CQFD (bis). Grâce au feu, nous pouvons rêver. Et c’est pourquoi nous rêvons du feu. CQFD (ter).
On lui attribue moult symboles et mythes. Gaston B. (encore lui) l’a même psychanalysé.
S’il détruit, il n’en a pas moins construit des civilisations entières. Forgé des rites. Fomenté des passions. Fondé des religions. En Inde, les Parsis le vénèrent à tel point qu’ils refusent la crémation pratiquée par les hindous, pour ne pas le souiller.
On le fout n’importe où et il fait des malheurs. D’artifices, il extasie. Il supplicie quand il fait sacrément magouiller.
Tantôt follet, folichon ou folklorique, le feu nous fait faire des trucs fous.
###



