Magouille

Archive pour 2010

Polly, Morphée… Toutes polymorphiques

In Magouille on 10 juin 2010 at 23:59

Je reviens sur la polémique fashion du moment. Peut-être déjà passée de mode, d’ailleurs.

La polémique est polymorphique. Elle est noire, blondie, quasi-nazie, orientale, romantique et sulfureuse. Tout à la fois. Et c’est cette confusion qui a provoqué la confusion.

Claudia Schiffer a été accusée d’ « insensibilité raciale », parce que photographiée par Karl Lagerfeld peinte négro et coiffée Afro. Allegretto. Sauf que deux Européens d’origine germanique qui jouent « au noir », ça ne pouvait que soulever la controverse.

Débat ? Ou pas ? Les questions de fond sont-elles soulevées ? Faut-il déplorer l’absence de « minorités visibles » dans la mode ?

Pour moi, non. Car la mode est nettement composée de minorités : de jeunes femmes de moins de 22 ans, toutes frêles, toutes élancées. Il n’y a pas de panel de models représentatif de l’ensemble de la population française. Il n’existe qu’une élite sélectionnée en fonction de règles propres à la « modocratie », discriminatoires par essence.

Un dictat que quelques magazines féminins tentent de rattraper en lançant sporadiquement de nouveaux marronniers : spécial « rondes », « femmes mûres », « femmes au naturel »… Numéros éphémères. Conçus plus comme boosters de ventes, que comme boosters de ventres.

Peut-être suis-je naïve. Peut-être est-ce une réaction ethnocentrique. Mais la collection de portraits caméléons de Claudia, je la perçois avant tout comme une allégorie de la femme actuelle.

Libre de pouvoir se réinventer, libre d’être tantôt elle-même, tantôt une autre. Girouette pirouettant au carrefour de tous les métissages, de toutes les influences culturelles, de tous les héritages temporels. Fière de pouvoir recomposer sa palette à l’infini, en faisant fi de tout stéréotype. Se construisant ainsi. Comme une tour de Babel à elle toute seule.

Le mannequin, c’est une toile vierge sur laquelle nous pouvons projeter tous nos phantasmes. C’est la poupée que l’on coiffe, que l’on habille, que l’on cajole et que l’on bade, depuis toute petite. Qu’on façonne selon les traits que l’on aimerait adopter. A travers les clichés (certes) de Claudia, c’est exactement ce que je vois : une femme qui pourrait s’imaginer être aussi bien noire, mate, blanche, brune, blonde, rousse…

Ce n’est pas qu’à la mode d’inspirer le changement. C’est à la femme de le porter. De se voir de manière polymorphique. D’intégrer les différences des autres pour s’émanciper des siennes.

B’Eau Pal

In Magouille on 7 juin 2010 at 17:24

"Cette nuit dont personne ne veut plus entendre parler mais que personne ne peut oublier" Indra Sinha dans Animal's People, un roman relatant la quête de la condition humaine d'un jeune Indien déformé suite à un incident chimique.

1984,

1 nuit,

1 explosion d’usine de pesticides.

40 tonnes d’isocyanate de méthyle pulvérisées dans l’atmosphère.

3 848 morts directes identifiées.

Plus de 20 000 décès cumulés dans le temps.

Des séquelles portées à plus de 300 000 personnes.

Des chiffres estomaquants. Qui ne sont pourtant qu’un hublot vers une réalité beaucoup plus submergeante.

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C’était un an et demi avant Tchernobyl. C’était à Bhopal, en Inde. Et cela reste la pire catastrophe industrielle jamais recensée en termes d’impacts humains.

25 ans après, 8 Indiens qui travaillaient pour l’usine viennent d’être condamnés par la justice de leur pays. Et pourtant, la dépollution du site, qui était placé au coeur d’un bidonville, n’a pas encore été entamée.

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Il y a un an, pour mettre le holà à cet immobilisme, The Yes Men, des détraqués traquant tous les traquenards, lançaient une eau bien frappée : la B’Eau Pal water. Des qualités nutritionnelles incomparables pour une eau faussement extraite près du site de l’explosion, que de nombreux « Pals » (compagnons, en anglais) ont déjà adopté.

Un « oh ! » qui revient, plus que jamais, au goût du jour.

Comment ça, vous n’aviez pas soif ?

http://bhopalwater.com/

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Marguerite, elle a pas la frite

In Magouille on 6 mai 2010 at 23:09

From scratch.

Le début aurait pu être davantage accrocheur. Mais il n’est un récit qui ne commence sans anicroche.

Il faut bien être terre-à-terre : on commence tous dans un splash, dans un scratch, dans un écrasage complet dont on essaye, pendant tout notre rodéo, de se redresser. Initiatique ? Je tique. Marguerite aussi.

Car c’est bien ainsi que tout a commencé pour elle. Dans la boue et le purin.

From scratch.

Non point déboutée, ni même dégoûtée, elle s’est relevée de ses maigres membres. Dans un frémissement électrisant sa carcasse. Comme une épilepsie lunaire partielle qui lui aurait fait voir mille étoiles.

D’un coup.

Portant dans sa moelle épinière la douleur inconsciente des générations précédentes – troupeaux perdus, cheptels disséminés par Creutzfeldt Jacob. Tannée par les milliards de foulages de ses ancêtres. Foulages dans lesquels, à son tour, elle a voulu mettre ses grands sabots.

D’un piétinement primitif à un piétinement de jeune première, c’est ainsi qu’elle a commencé. A même la terre battue. Peu à peu s’étoffant, s’engraissant, s’immunisant. S’engaillardissant au fur et à mesure de ses gambades. S’endurcissant de la corne. Une bougresse vraiment prometteuse, tigresse dans l’âme comme dans le lardon. D’échine travailleuse, en dépit des laborieux reliefs de multitudes de mottes. Fidèle à sa touffe d’herbe. Exécutant tous les maîtres-mots.

Jusqu’au jour où.

Voilà.

Marguerite en a eu marre.

Marre d’être cantonnée à ses prés carrés. L’impression d’avoir fait le tour de tout.

A tel point que.

Même la redécouverte, au printemps, d’un frais bosquet ne l’émouvait plus. D’un mugissement de cloche, elle aurait voulu faire voler tous les barrages, toutes les barrières, et s’en aller brouter la vie à pleines dents, vent en bandoulière, bouche en pâquerette.

Marre de se faire étriller le dos par des éléments contraires. De se faire lustrer le poil par des nuages creux. Elle avait envie d’aller se faire dorer la pilule sous d’heureuses tropiques, Marguerite. Marre de se donner le torticoli à voir les gens aller, venir, aller, venir, aller et revenir. Elle avait envie qu’on lui fasse tourner la tête autrement, Marguerite.

Go. No go. Go. No go.

Tous les jours, Marguerite ne mâchait et ne régurgitait plus que la même ritournelle. Tournant, retournant et re-retournant comme une omelette ses « euhs » et ses « meuhs », qui finissaient par devenir plus que brouillés.

Bloquée.

A force d’attendre un clairon d’appel, un signal de départ, Marguerite ne décrottait guère plus de son starting block.

Quand partir ? Maintenant ! Non, maintenant. Maintenant ? Mais pourquoi déjà ?

A force de peser le pour et le contre, Marguerite n’avait plus si bien le compas dans l’oeil pour viser sa destinée. En panne de clairvoyance, Marguerite n’y voyait plus très clair. Cela ne roulait plus trop pour elle, avec les essuie-glace gelés. Et sa glace rêvée fondait au soleil. Et l’oasis promis devenait mirage fumeux.

Alors elle restait là, Marguerite. A faire le pied de grue. Dans son fumier. Collée au cuir par tous ses terrassements. L’oeil vitreux. Rattrapée par tous les fantômes de fleurs fanées qui ont failli avant elle.

Folle, Marguerite. Elle est restée là. Sur la terre battue et sous la pluie battante, Marguerite. Comme toujours et pour toujours. Pendant que la Terre tourne. Ruminant que la roue de la fortune reste coincée.

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L’An Esthésie

In Magouille on 10 avril 2010 at 16:51

Au Mexique, le Jour des Morts (« el Día de los Muertos », du 1er au 2 novembre) se fête de manière chamarrée et marrante. Les vivants décorent et illuminent les tombes de leurs défunts. Ils passent les chansons préférées de leurs parents de l’au-delà, et leur apportent offrandes en tout genre : des bonbons à la tequila. Même pas peur de la mort ! Faut se régaler !

Cet us et coutume remet bien en question la façon dont nous, ici, nous nous usons sous le joug régalien de coutumes bien moins festives.

Contrôle, auto-contrôle, rétro-contrôle, rétro-analyse, prévision, anticipation, adaptation, application, maîtrise, conformation. Le produit est beau et lisse ? Etanchement bien préservé dans son emballage plastique ? De longue conservation grâce à des adjuvants synthétiques ? C’est bien. Validation, normalisation, homologation. C’est bien comme ça. Faut surtout plus changer. Ne rien transformer. Ne rien transgresser.

Le cliché est facile. Mais c’est tout de même marquant de voir comme l’on se croise, on se recroise, on se toise, sans surtout pas trop s’entrecroiser dans les métros parisiens. Des quinconces de momies quelconques qui s’ignorent. Tout est javellisé, stérilisé. Comme s’il y avait eu un jour une explosion atomique ayant irradié toutes nos richesses intérieures. Conformation.

De maigrelettes vigueurs inorganisées veulent parfois sourdre du fin fond de nous-mêmes. Mais faut maîtriser. Respecter la marge et bien revenir à la ligne si l’on ne veut pas d’annotations en rouge. Le « trop » n’est accepté que quand il est affichage, légal, réglementaire. Mais, en action, il est loin d’être acté. Faut surtout pas de faux pas sur le vil fil. Entre les extrêmes qui fauchent, l’esprit vacille, puis va vers le faux.

Ne pas trop déranger, ne pas trop exagérer, ne pas trop angoisser, ne pas trop pleurer, ne pas trop rire, ne pas trop penser, ne pas trop aimer. En posture d’équilibriste, nos membres s’engourdissent. Pour mieux résister, l’on se porte à l’anesthésie. Le masque fige le visage. La carapace fige le corps. La conformation est faite. Harakiri.

Mais une nouvelle ère peut s’ouvrir.

Et pour cela, la résolution doit être ferme. Il faut décréter l’An Esthésie. C’est l’antidote nécessaire : inscrire à l’almanach l’esthésie, cette capacité à faire jouer ses sens, jouir de sa sensibilité, vivre ses émotions, voir le réel et admirer l’invisible.

Retrouver le rêve, la magie et l’imagination.

Nous re-router hors routine.

Recolorier nos crânes vides.

Rêvasser pour, surtout, pas crevasser.

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C’est écrit, mais à l’envers

In Magouille on 10 avril 2010 at 13:16

Aujourd’hui, zoom sur un son qui « spoon » bien !

Ca balance rock. Ca zingue dingue. Ca timbale à cent balles.

C’est écrit. Pas avec le dos d’une cuillère.

Mais à l’envers  :

Written in Reverse*, de Spoon.

A l’écoute des premières notes, on se dit qu’ils ont piqué le début de « Comme des Connards » de Michael Youn. Mais à mieux tendre le tympan, on se met à clinquer direct de la santiag avec ces Texans.

En vers et contre rien, les paroles tout en litotes tintent d’ironie et se font antithèse des chansons mièvres de l’Alabama : « I’m writing this to you in reverse / Someone better call a hearse* / (…) / And I’m not standin’ here ! »

De l’arrangement cacophonique rassurant, qui ne balade pas. Du solide comme un rock, bon à écouter tandis que les gens valsent autour de vous.

Très efficace pour redensifier votre fi des « fa ré do sol mi la » conventionnables. Et redonner joie à votre foi profonde en le décadent et l’aléatoire, contre toute apologie du normalisme et du fatalisme.

« And it feels real good ! »

Pour mieux connaître les monsieurs, c’est ici : www.spoontheband.com

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* written in reverse = écrit à l’envers
* a hearse = un corbillard

Saine scène zen

In Magouille on 3 avril 2010 at 18:34

Imaginez-vous sous un cirque enchâssé au milieu de gratte-ciel scintillants dans la nuit. Tout autour, en ronde organisée, une troupe d’animaux en côtes de maille et au panache haut fait le guet.

A l’abri dans un décor de rouge et d’or, du trip-hop inspiré vous électrise. En toile de fond, une enfilade d’images psychédéliquement mirifiques chatouille vos mirettes.

Vous pouvez vous taire. Vous pouvez fermer les yeux. Vous pouvez avoir le coeur léger et vous laisser entraîner par la musique.

Simple est la magie.

Le yogi dit : « Pour rester zen, mangez des nems« .

Soudain, vous trouvez une lampe à huile. Vous en frottez les flancs. Une génie en sort pour exaucer trois de vos voeux les plus chers. Vous vous tournez vers l’amie qui vous accompagne. Vous savez, celle qui a toujours doucement la patate ! Et là, toutes deux, vous choisissez votre souhait n°1 :

« Que les Chinese Man continuent de créer » !

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Ils étaient (et nous étions)…

… au festival Chorus, à La Défense (Paris), le 2 avril 2010.

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Carnet de désert

In Magouille on 29 mars 2010 at 18:52

« Il n'y a pas de plus grande émotion que d'entrer dans le désert. » (J.M.G. Le Clézio, Gens des nuages)« Il n’y a pas de plus grande émotion que d’entrer dans le désert. » (Le Clézio, Gens des nuages)

« Peut-être Dieu a-t-il créé le désert pour que l’homme puisse se réjouir à la vue des palmiers. » (Paulo Coelho, L’Alchimiste)

« Ce qui embellit le désert c’est qu’il cache un puits quelque part… » (Antoine de Saint-Exupéry, Le Petit Prince)

« La pensée doit commencer par un refus de la vie. La première pensée claire, c’est la pensée du néant. » (Gaston Bachelard)

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« Je voudrais te dessiner dans un désertLe désert de mon coeur »

(Emilie Simon)

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« L’expérience du désert est à la fois celle du lieu de la parole où elle est souverainement parole et celle du non-lieu où elle se perd à l’infini. De sorte que nous ne savons jamais si c’est au moment où elle surgit que nous la captons ou bien au moment où, avec une incroyable lenteur, elle s’évanouit : le moment éblouissant de son surgissement ou celui de son insensible évanouissement. » (Edmond Jabès, La double dépendance du dit)

« Tout s’enfuit, les hommes, les saisons, les nuages ; et il est inutile de s’agripper aux pierres, de se cramponner au sommet d’un quelconque rocher, les doigts fatigués se desserrent, les bras retombent inertes, on est toujours entrainé par ce fleuve qui semble lent, mais qui ne s’arrête jamais. » (Dino Buzzati, Le Désert des Tartares)

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« Le marchand de sable est passé. »

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« Le Sahara est le lieu de tourbillons puissants qui envoient dans l’atmosphère 2 milliards de tonnes de poussières par an. Ces poussières, sans qu’on en connaisse le mécanisme exact, ont une influence sur le climat. » (Planetoscope)

« Ce bain violent de soleil et de vent épuisait toutes mes forces de vie. A peine en moi ce battement d’ailes qui affleure, cette vie qui se plaint, cette faible révolte de l’esprit. Et jamais je n’ai senti, si avant, à la fois mon détachement de moi-même et ma présence au monde. Il est des lieux où meurt l’esprit pour que naisse une vérité qui est sa négation même. » (Albert Camus, Noces)

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« Mektoub ‘ala ermal »C’est écrit sur le sable

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« La mort est le prolongement horizontal d’un rêve factice, la vie n’étant pas vérifiable. » (Francis Picabia, Thalassa dans le désert)

«Nous désirons tous ouvrir le cercle de la pensée pour arrêter sa ronde stérile.» (Théodore Monod)

« Nous ne sommes que des grains de sable mais nous sommes ensemble. » (Bernard Weber, Les Thanatonautes)

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« Une poétique nomade qui prône le déplacement perpétuel, où tout séjour est provisoire, où la trace la plus ténue devient signe, où l’inscription est si vite soumise à l’effacement, où le présent est toujours passé… une traversée des durées, des langues, des cultures, des croyances. » (Abdelwahab Meddeb)

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« Imaginer, c’est hausser le réel d’un ton. » (Gaston Bachelard, L’Air et les songes)

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Carnet de Désert — Magouille

Maroc, mars 2010

Etapes-villes : Ouarzazate, Zagora, Oulad Driss, M’Hamid

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La pluie, ça m(ag)ouille sec

In Magouille on 29 janvier 2010 at 12:24

From stock xchng

« Toute la pluie n’enlève pas la force d’un piment« , dit un adage guadeloupéen.

Alors que la pluie déferle dans les gargouilles, ne vous laissez pas aller à marmonner.

Pour que continuent à résonner en vous votre force intérieure et à battre la chamade votre petit coeur,

Je vous poste ici 2 chansons aux rythmes diluviens à faire bouger dans les chaumières.

Suivez le flow à plein tube pour slalomer entre les flots !

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FLIP

The Rain, de Calvin Harris (album : Ready for the Weekend, 2009)

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FLOP

Rain, de Mika (album : The Boy who knew too much, 2009)

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(désolée pour les avant-gardistes si la sélection est un peu 2009 ;-) )

Réhabilitons la Cherry Merry Muffin Frankenstein

In Magouille on 26 janvier 2010 at 02:52

Je dégustais une compote de pommes composées quand – le goût de la vanille ajoutée à ma popote émoustillant mes papilles – un souvenir à la saveur madelo-proustienne me vint tout à coup aux babines.

Celle de la boîte en fer. Un peu rouillée, un peu déglinguée. Avec, sur le dessus faussement émaillé, des dessins de petites filles modèles tout de rose « Belle Epoque » vêtues.

Cette boîte en fer, c’était le tonneau des Danaïdes de mon imagination d’antan – mieux que le sabre-poupée de Cosette ! Plus j’y empilais les trésors et les secrets, plus j’y trouvais de place pour en enfouir de nouveaux. Plus je rêvais, et plus je rêvais. Comme l’univers roule vers l’infini.

Mes parents avaient si bien réussi mon élevage éducation que je savais déjà qu’il est normal de vouloir brouter une herbe qui est toujours plus verte ailleurs mettre mon désœuvrement au service de ma méga-inspiration, giga-imagination et tera-inventivité. Bien-sûr.

Pendant que certaines jouaient à Mademoiselle Parfum (c’était une horreur comme ça puait ce truc !), j’avais improvisé un mini-labo de chimiste d’enfer dans ma boîte en fer. Pour récréer une Cherry Merry Muffin.

La Cherry Merry Muffin - nom complexe que savait pourtant bien piailler aux oreilles de ses parents toute petite fille non-anglophone à force de matraquage publicitaire intensif entre tous les dessins animés du club Dorothée dans les années 80/90′s – c’était une poupée Mattel démentielle qui sentait BOOON la vanille et qui cuisinait à merveille des muffins, qui paraissaient TELLEMENT MOELLEUX (quand bien même ils étaient en plastique). Et même que les Cherry Merry Muffins, elles avaient des ustensiles de cuisine magiques, souriants, gentils et te tendant les bras avec une dévotion si grande que, 20 ans plus tard, tu te demandes toujours pourquoi la râpe à fromage et le moulin à poivre ont l’air si méchants.

Bref, je n’ai jamais eu de Cherry Merry Muffin.

On ne reviendra pas sur le fait que – pas encore remise de ce traumatisme à la puberté – j’avais, adolescente, pris pour confidente intime des pages de mon journal intime une certaine « chère Merry », et que j’avais pris pour habitude de m’empiffrer de muffins au chocolat en buvant du Cherry Coke. Pur hasard. Passons.

Donc, je n’ai jamais eu de Cherry Merry Muffin. Mais j’en voulais une. Comme les autres petites filles.

Alors, transformant ma frustration en ingéniosité fulgurante, j’avais entrepris de Franskenstein-créer une Cherry Merry Muffin en prenant en otage une poupée moche qui ne servait à rien et en l’enfermant pendant des jours et des jours dans la boîte en fer dans laquelle j’avais déversé un sachet de sucre vanillé piqué à ma maman. Grâce à la boîte en fer, la magie opérait… Ma « Cherry Merry Muffin Frankenstein » sentait la vanille comme une vraie. Je sais. Ingénieux ! (En vrai, bizarrement, la poupée moche n’a jamais senti la Cherry Merry Muffin.)

Au bout d’un moment, j’ai grandi. Et je n’ai plus voulu de Cherry Merry Muffin. Et je n’ai tellement plus voulu de Cherry Merry Muffin que pour moi la « Cherry Merry Muffin Frankenstein » n’était vraiment plus devenue qu’un spectre débile traînassant dans la poudre sirupeuse d’une boîte froide et grinçante.

J’ai grandi. J’ai appris à gérer mes frustrations. A neutraliser mes sentiments. A calmer les turbines de mon cerveau. Si bien que j’en ai oublié la transformation positive que peut opérer toutefois une chose à la fois invisible et infinie : l’imagination.

Mais aujourd’hui, je milite pour une réhabilitation de la Cherry Merry Muffin Frankenstein.

Imagination, je veux enfin redire ton nom.

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Blason de la blaserie

In Magouille on 18 janvier 2010 at 23:48

Blasé balèze

Grisé de gris

Primé « déprime »

Soupir version zéphyr

Cap : sape.

Oups + Pfff + Grrr...

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Halo de « oh la » !

Debout le hibou !

Up la houppette !

Hue et hisse haut !

Broie du noir, mais pas l’espoir !

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Comment démasquer un rire magouilleux…

In Magouille on 8 janvier 2010 at 10:10

… ou autrement dit : comment voir la couleur d’un rire jaune ?

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Un certain Robert Provine, neuroscientifique américain de son état, aurait démontré que lorsque l’on rit sincèrement, on émet en général des « ah ah ah » (comme les chimpanzés ou les bébés le font naturellement) – ou parfois des « oh oh oh ». Et que les rires sincères se prolongent sur la même sonorité.

Autrement dit, vous pouvez douter d’une personne qui rit en faisant des « hé hé » « hi hi » ou en alternant les « oh oh » « ah ah »

Passez à l’étude !

Vous ne verrez plus les gens de la même façon, quand vous les entendrez rire…

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(via Camille Dattée, Version Femina)

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ø (2)

In Magouille on 7 janvier 2010 at 16:42

Cerise en hiver - by Magouille

« Amis, ne creusez pas vos chères rêveries ;

Ne fouillez pas le sol de vos plaines fleuries ;

Et, quand s’offre à nos yeux un océan qui dort,

Nagez à la surface ou jouez sur le bord,

Car la pensée est sombre ! Une pente insensible

Va du monde réel à la sphère invisible ;

La spirale est profonde, et, quand on y descend,

Sans cesse se prolonge et va s’élargissant ;

Et, pour avoir touché quelque énigme fatale,

De ce voyage obscur souvent on revient pâle ! »

Victor Hugo, extrait de La Pente de la Rêverie (Les Feuilles d’Automne)

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Résølutiøn 2ø1ø = ø

In Magouille on 2 janvier 2010 at 01:15

Glass bottle - from stock xchng

Ce sera plus facile de la voir pleine à la fin de l’année.

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